Élection présidentielle en Iran : duel final entre un ultraconservateur et un réformateur

Élection présidentielle en Iran : duel final entre un ultraconservateur et un réformateur

🔄 Article mis à jour le 22 aprilie 2025

Le 5 juillet, les électeurs iraniens devront choisir entre le réformateur Massoud Pezeshkian et l’ultraconservateur Saïd Jalili pour déterminer le prochain président de la République islamique. Lors du premier tour, la participation a atteint un niveau historiquement bas depuis 1979.

Massoud Pezeshkian et Saïd Jalili ont émergé en tête de la course présidentielle, selon les résultats annoncés le 29 juin par le ministère iranien de l’Intérieur. Les deux candidats s’affronteront lors du second tour, prévu le 5 juillet.

“Aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue des voix”, a déclaré Mohsen Eslami, porte-parole du service des élections au ministère, précisant que les deux premiers candidats se retrouveront au second tour.

Sur les 14 élections présidentielles tenues depuis la révolution de 1979, seule celle de 2005 s’était également conclue par un second tour.

Parmi les 24,54 millions de votes dépouillés, le député Massoud Pezeshkian a recueilli 10,41 millions de voix (42 %), surpassant Saïd Jalili, qui a obtenu 9,47 millions de votes (38 %). Le président du Parlement, Mohamad Baquer Ghalibaf, a terminé troisième avec 3,38 millions de voix, suivi de Mostafa Pourmohammadi, le seul religieux en lice, qui a obtenu 206 397 voix.

Une abstention record

Environ 61 millions d’électeurs étaient appelés à voter lors de cette élection organisée précipitamment après la mort du président conservateur Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère le 19 mai.

Cependant, seulement 24,54 millions de personnes (40 %) se sont rendues aux urnes, malgré l’appel de l’ayatollah Ali Khamenei à prendre le vote au sérieux et à y participer.

L’opposition, notamment la diaspora, avait exhorté au boycott du scrutin.

Les autorités espéraient une forte participation, surtout après l’abstention record de 51 % lors de la présidentielle de 2021, où aucun candidat réformateur ou modéré n’avait été autorisé à concourir. Aux législatives de mars, seulement 41 % des électeurs avaient voté.

Deux profils contrastés

Le second tour opposera donc deux candidats aux profils et aux programmes très différents. Âgé de 69 ans, Massoud Pezeshkian, chirurgien de profession et député de Tabriz, a une expérience gouvernementale limitée, ayant été ministre de la Santé de 2001 à 2005 sous le gouvernement réformateur de Mohammad Khatami.

Connu pour son franc-parler, il a critiqué le pouvoir lors des manifestations provoquées par la mort de Mahsa Amini en détention en septembre 2022. Il préconise un rapprochement avec les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, pour lever les sanctions qui pèsent sur l’économie iranienne.

De son côté, Saïd Jalili, 58 ans, est adepte d’une ligne dure envers l’Occident. Il a mené les négociations sur le nucléaire iranien de 2007 à 2013, sous la confiance de l’ayatollah Khamenei. Actuellement représentant au Conseil suprême de sécurité nationale, il incarne la continuité de la politique stricte de l’Iran.

Les médias iraniens ont exprimé leurs préférences : le journal réformiste Sazandegi a publié une photo de Massoud Pezeshkian avec le titre “Vive l’espoir”, tandis que le quotidien gouvernemental Iran a appelé à “voter pour l’autorité de l’Iran”.

Quel que soit le résultat, les répercussions de cette élection devraient être limitées, car le président iranien applique les grandes lignes politiques fixées par le guide suprême, chef de l’État.

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Agbadou christian Enoch Bailly
Agbadou christian Enoch Bailly
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