🔄 Article mis à jour le 21 April 2025
Depuis quelques semaines, le Hezbollah a intensifié ses attaques contre le nord d’Israël, tandis qu’Israël menace de lancer une opération militaire de grande envergure dans le sud du Liban. Après huit mois de tensions, les habitants restants de part et d’autre de la frontière vivent dans la crainte d’un conflit imminent.

À Kiryat Shmona, côté israélien de la frontière avec le Liban, Illana passe la majorité de son temps dans son abri anti-aérien. Elle a aménagé cette petite pièce sécurisée avec internet, un lit, des vêtements, des cosmétiques, des médicaments, et des réserves de nourriture. « Tout ce dont j’ai besoin est ici. Je n’ai pas à chercher les choses. J’ai même préparé des valises en cas d’urgence », explique-t-elle.
Cette retraitée de 65 ans était partie lorsque sa ville a été évacuée le 20 octobre dernier, mais elle a choisi de revenir deux jours plus tard : « Un ami m’a dit, “je ne sais pas si tu es courageuse ou si tu es stupide”. Je lui ai répondu que ce n’était ni l’un ni l’autre : je suis effrayée, mais j’ai au moins le sentiment de soulagement d’être chez moi. Derrière ces portes, je me sens en sécurité. »
Certains habitants, comme Rami, un vétérinaire, ont une perspective différente. « On nous dit toujours que ce sera la semaine prochaine, le mois prochain, mais rien ne change. Je pense qu’ils veulent un accord, mais je doute que cela soit possible car le Hezbollah ne veut pas de nous. » Beaucoup comme lui considèrent qu’une guerre totale est la seule solution, malgré les coûts.
La frontière entre le Liban et Israël, marquée par une ligne bleue tracée par les Nations Unies, est surveillée par plus de 10 000 casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul). Toutefois, leur mandat se limite à la surveillance, les laissant souvent pris entre les tirs croisés d’Israël et du Hezbollah.
Du côté libanais de la frontière, le contingent espagnol de la Finul, composé de 670 soldats, patrouille régulièrement. Notre correspondante au Liban, Sophie Guignon, rapporte qu’une patrouille dirigée par le lieutenant-colonel espagnol José Irisarri se rend souvent à Kfar Kila, un village au cœur des affrontements. « Les patrouilles sont essentielles pour empêcher une armée irrégulière de s’établir, ce qui augmenterait le risque de guerre ouverte », explique Irisarri. Mais même ces mesures préventives ne suffisent pas toujours. Par exemple, après qu’un ordre d’alerte a été émis, la patrouille a dû se réfugier d’urgence, peu avant que Kfar Kila soit de nouveau bombardée par Tsahal.

Malgré la présence des forces de l’ONU, cette région frontalière reste une zone explosive pouvant embraser le Moyen-Orient. Les échanges de tirs ont déjà poussé des dizaines de milliers d’habitants des zones frontalières à fuir, tant au sud du Liban qu’au nord d’Israël.














