🔄 Article mis à jour le 27 December 2023
Le 16 septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger signaient un pacte de défense mutuelle, l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce nouvel organisme, qui s’inscrit dans la continuité du G5 Sahel, vise à renforcer la coopération sécuritaire entre les trois pays face à la menace terroriste.
Sur le papier, l’AES semble être un projet ambitieux. Les trois pays partagent des liens historiques et culturels forts, et ils sont confrontés aux mêmes défis sécuritaires et socio-économiques. L’idée d’une confédération, voire d’une fédération, a même été évoquée par les dirigeants des trois pays.
Cependant, la réalité est plus nuancée. Les relations entre le Mali et l’Algérie, par exemple, sont au plus bas. Les deux pays se sont mutuellement expulsé leurs ambassadeurs en raison de divergences sur la situation sécuritaire au Sahel.
Le Niger, quant à lui, semble s’éloigner du Mali pour se rapprocher de l’Algérie. Le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Sangari, a été reçu à Alger le 26 décembre 2023 par son homologue algérien, Ahmed Attaf. Les deux ministres ont discuté de la coopération et de la sécurité, notamment de la situation au Mali.
Cette divergence de vues entre le Mali et le Niger est révélatrice des tensions qui subsistent au sein de l’AES. L’alliance est encore jeune, et il faudra du temps pour qu’elle se consolide.
Les défis de l’AES
L’AES devra relever plusieurs défis pour s’imposer comme une force de premier plan dans la région sahélienne.
En premier lieu, l’alliance devra parvenir à surmonter les divergences politiques et idéologiques qui existent entre ses membres. Le Mali, par exemple, est dirigé par un régime militaire, tandis que le Niger est une démocratie. Ces différences de régimes pourraient compliquer la coopération entre les deux pays.
En second lieu, l’AES devra trouver des financements suffisants pour mettre en œuvre ses objectifs. La lutte contre le terrorisme est une entreprise coûteuse, et les trois pays membres de l’alliance sont déjà fortement endettés.
Enfin, l’AES devra gagner la confiance des populations locales. La population sahélienne est souvent méfiante à l’égard des forces armées, et l’alliance devra faire preuve de transparence et de responsabilité pour gagner son soutien.
Si l’AES parvient à relever ces défis, elle aura le potentiel de devenir un acteur majeur de la sécurité et du développement au Sahel.















