🔄 Article mis à jour le 31 October 2024
Suite aux violentes manifestations antigouvernementales du 25 juin, ayant causé la mort de 19 personnes selon le président William Ruto, celui-ci a déclaré le 30 juin qu’il n’avait « pas de sang sur les mains », un chiffre contesté par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Ce bilan officiel concerne une journée de mobilisation où des manifestants ont pris d’assaut le Parlement après l’adoption controversée du budget 2024-2025, incluant des hausses d’impôts. La police a tiré à balles réelles pour disperser la foule.

Le lendemain, en réponse à la colère populaire, le président Ruto a retiré le projet de budget, malgré les lourdes conséquences économiques que cela entraînera, selon lui. Lors d’une interview télévisée de deux heures, il a affirmé que 19 personnes étaient mortes et a promis une enquête sur ces décès.
Human Rights Watch a rapporté au moins 31 morts, tandis que la Commission nationale des droits humains au Kenya et un groupement d’ONG locales, dont Amnesty International Kenya, ont fait état de 22 et 23 morts respectivement, dus aux tirs de la police.
Le président Ruto a défendu les actions de la police, affirmant que des criminels avaient infiltré les manifestations et semé le chaos. Il a promis de poursuivre les responsables et de sanctionner tout policier ayant outrepassé ses fonctions.
Le 30 juin, plusieurs centaines de personnes, principalement des jeunes, ont manifesté pacifiquement à Nairobi en hommage aux victimes, scandant des slogans contre le président Ruto et appelant à une nouvelle journée de mobilisation le 2 juillet.

Le mouvement de contestation, né à la mi-juin sur les réseaux sociaux, s’est d’abord focalisé sur le rejet du budget avant de se transformer en protestation contre le président Ruto et ses politiques fiscales, jugées pénalisantes pour le pouvoir d’achat des Kényans. Selon Ruto, ces mesures sont nécessaires pour redresser une économie lourdement endettée.
Le retrait du budget signifie un retour en arrière de presque deux ans, obligeant le gouvernement à emprunter 1 000 milliards de shillings (7,2 milliards d’euros) pour fonctionner, avec des impacts négatifs sur l’agriculture et l’éducation.
Ruto a admis des lacunes dans la communication du projet de budget et s’est dit prêt à réduire son propre salaire pour diminuer le train de vie de l’État. Le Kenya, avec une inflation de 5,1 % en mai et une dette publique de 10 000 milliards de shillings (72 milliards d’euros), soit environ 70 % du PIB, reste l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Est.














